Conférence statutaire de Philippe Lambert

Au mois de Février, c’est au tour de Philippe Lambert de présenter sa conférence statutaire.

Philippe est entré au Rotary en 2004, au club de Liège Sud en Belgique.

Suite à son déménagement dans le sud ouest de la France pour sa retraite, Philippe a rejoint notre club en 2018.

Il nous à parlé d’une partie importante de son activité de pharmacien, la préparation de l’homéopathie, dont vous trouverez le texte ci dessous

La préparation de l’homéopathie :

Origine : L’homéopathie a été créée par un médecin allemand au début du 19° siècle  (1810-1815), le Docteur Hahnemann.

A cette époque, on soignait les problèmes urinaires (cystites) avec les sels de mercure.

Le mercure fait partie des métaux lourds toxiques, et les doses thérapeutiques étaient proches des doses létales.

Ce médecin a eu l’idée de diluer ces sels de mercure et surtout de dynamiser chacune de ces dilutions. (dilution au 10° et au 100°)

Et il s’est rendu compte que plus il diluait , plus les remèdes étaient actifs (principe d’infinitésimalité)

Dynamisation  = agitation violente et non pas mélange doux : il faut prendre le flacon en main et frapper violemment environ 200 fois sur un gros livre.

A la même époque, un médecin militaire russe, le Dr Korsakov, qui avait appris les travaux du Dr Hahnneman, a trouvé cette idée géniale.

Il suivait les troupes en guerre avec sa charrette tirée par des chevaux, il n’avait donc pas de place pour stocker beaucoup de flacons, il a donc eu l’idée de faire ses dilutions dans le même flacon,

Actuellement, rien n’a changé , les dilutions sont faites de la même manière, mais la dynamisation se fait à la machine.Pour les dilutions K : c’est une machine automatique qui fait le tout : explication de la petite cellule en verre)

 

Quand on prépare les dilutions d’un remède, on va en garder certaines, en bouteille de 10 ml :

Les  CH 4 – 5 – 7 – 9 – 12 – 15 -18 – 30 (voire 200CH)

Les K :  6 – 12 – 30 – 200 -M -XM – LM -CM

Ces dilutions sont destinées à imprégner les formes solides : granules, globules, comprimes, poudre, elles sont donc conservées dans de l’alcool à 80° :   en effet ces formes solides sont fabriquées soir en saccharose 100% soit  saccharose/lactose 50-50, si on utilise un alcool moins fort, cela va dissoudre le sucre et on obtient un mélange collant inutilisable.

Pour pourvoir réaliser les autres formes pharmaceutiques : gouttes, ampoules buvables, suppositoires, pommades, …  on va garder les dilutions intermédiaires : en bouteille de 10 ml dans l’alcool à 45°

CH 3- 6- 8- 11 -14 -17 -29

K : 5 -11 -29 -199 -999 -9999 -49999 -99999

Car la dilution finale se fera dans l’alcool à 20° (gouttes-ampoules) ou dans l’eau pour les autres

Cela fait 3entre 30 et 40 bouteilles à conserver par remède, d’où la nécessité d’avoir beaucoup de places pour les stocker.  (nombre de souches : un peu plus de 2000 souches )

La diluthèque était dans la cave, rangée plus ou moins dans l’ordre alphabétique

En plus des CH, est apparue la dilution DH : décimale, c’est le même principe de préparation que pour les CH, sauf que on dilue au 1/10° par palier au lieu de 1/100°,

Ce qui va avoir son importance :

En effet : une dilution 5CH et une dilution D10 auront la même dilution, mais la dilution 5CH aura été dynamisée 5X et la D10  10X.

Ce qui veut dire que lorsque un médecin prescrit une D10, c’est qu’il recherche le nombre de dynamisation et non la dilution alors que en prescrivant 5CH, il recherche la dilution.

On ne peut donc pas remplacer une D10 par une 5CH mais bien l’inverse.

En pratique, on monte les dilutions à conserver en D jusque D10 puis en passe en CH pour les suivantes

Réalisation des souches :

Pour les produits solubles dans l’eau ou l’alcool,  on les dissout directement dans le solvant approprié et on commence à D1 ou 1CH

Pour les produits végétaux : on réalise une macération dans l’alcool 70-80° , qu’on laisse pendant 3 semaines en agitant régulièrement, puis on filtre et on obtient ce qu’on appelle la teinture mère

Pour les produits insolubles : il faut passer par le mortier tritureur jusque la 3CH (ou D6), dans du lactose(20 gr) ,mortier électrique qui broie la poudre pendant 20 minutes, et qui correspond à la dynamisation

La poudre a d’ailleurs un tout autre aspect après cette trituration.

Lorsqu’on prépare des dilutions CH (200CH 30CH) : on se retrouve avec un beaucoup de bouteilles, de bouchons et de pipettes à traiter pour les réutiliser.

Après les avoir lavés avec de l’eau désionisée, on passe les bouteilles à l’étuve à 120 degrés pendant 1h et les bouchons et pipettes (plastiques) à une température ne dépassant pas 100° -> fonte du plastique.

On considère qu’au-delà de 70° , on détruit toute activité des solutions homéopathiques.

Comme chaque demande est individualisée et que chaque médecin a sa manière de prescrire, on n’a pas beaucoup de stock en réserve, tout se fait à la demande.

Et si une préparation parait facile, il faut prendre du temps pour : aller chercher les bouteilles dans la diluthèque, faire la préparation, étiquette, encodage PC, puis ranger les bouteilles dans la diluthèque, c’est la manutention de ces petites bouteilles qui prend le plus de temps)

Et je terminerai par cela, nous avons eu le plaisir de recevoir un chef indien d’Amazonie qui est venu nous remercier pour ce que nous avions fait pour son peuple.